Retrouvez l'article paru dans Le Parisen du 25 avril 2016 dans lequel intervient Etienne Colella.

"Dématérialiser ses fonctions RH"
Par Marc Hervez.

Bientôt la fin des classeurs qui s’empilent dans des cartons, qui eux-mêmes s’entassent dans les armoires des bureaux dédiés aux ressources humaines ? A terme, c’est bien possible, car de plus en plus d’entreprises ont amorcé le virage numérique de la gestion des RH.

Si la France accuse toujours un retard sur ses voisins européens, plus d’un tiers des entreprises hexagonales se sont équipées d’un système d’information de gestion des ressources humaines (SIRH) pour gérer certaines tâches. Un taux doublé dans les structures supérieures à 200 salariés. Logique, au-delà du gain de place, les économies réalisées prennent de l’ampleur lorsque le volume de l’entreprise va croissant. « L’intérêt économique est considérable, ne serait-ce que pour la dématérialisation du bulletin de salaire, analyse Philippe Raynaud, country manager France et Benelux pour la société PeopleDoc, leader de la dématérialisation RH en Europe. L’envoi postal, en comptant le prix de l’impression, de l’enveloppe et l’affranchissement revient à un euro par bulletin. Vous divisez ce prix par deux lorsque vous digitalisez, car ne restent que le coût du service et de l’archivage. Imaginez alors que vous ayez 1000 salariés… » Le tarif proposé par PeopleDoc varie en fonction des options mais oscille entre un et deux euros par salarié et par mois.

En plus des grands groupes séduits par les économies d’échelle — PeopleDoc vient de s’engager avec Auchan — la dématérialisation attire aussi le secteur des banques et assurances, ainsi que des sociétés de service, « qui ne vivent qu’à travers leurs salariés, car elles ne produisent rien. Elles ont donc besoin de fidéliser leurs talents. Or, la digitalisation permet un suivi et un traitement rapide des demandes des employés ».

 

Sécurisation juridique

La dématérialisation des RH ne se résume pas à l’envoi d’une fiche de paye électronique. Elle permet le stockage des documents dans un coffrefort virtuel sécurisé, la signature électronique de documents et la gestion des demandes du personnel. « En ayant moins de paperasse à gérer, les personnels peuvent se concentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée, comme le recrutement ou l’amélioration de la vie d’entreprise », appuie Hélène Mouiche, analyste senior pour le cabinet Markess qui étudie les stratégies de modernisation des entreprises. Dernier avantage offert, l’accélération du processus d’embauche et la sécurisation juridique dans le domaine du travail flexible. Rappelons qu’un CDD ou une mission d’intérim doivent être signés dans les 48 heures suivant la prise de fonction.

Un marché sur lequel s’est positionnée la société PIXID qui s’adresse à la fois aux boîtes d’intérim et aux entreprises qui ont recours à ce type de main d’oeuvre. « Certains gros clients peuvent embaucher plus de 100 000 intérimaires à l’année, expose Etienne Colella, président de PIXID. La digitalisation des RH est d’autant plus vertueuse pour les poids lourds industriels qui disposent d’effectifs sur divers sites de production physiquement éloignés du siège social. Elle permet de tout centraliser de façon électronique. » Pour accéder à ce service, une entreprise employant 1 000 intérimaires par jour doit débourser environ 100 000 € par an. Mais cela lui permet d’économiser ensuite, en frais de gestion, 1 à 3% du montant d’achat de ses prestations d’intérim à l’année, selon Etienne Colella.